Compost : 2/3 humides, 1/3 secs et les déchets à éviter
Faire du compost, c’est transformer des déchets organiques de cuisine et de jardin en amendement naturel pour nourrir la terre. Le principe tient en peu de gestes : mélanger les bonnes matières, laisser agir les micro-organismes, aérer régulièrement et écarter quelques déchets problématiques. Même avec peu d’espace, on peut composter dans un tas au jardin, un composteur fermé ou un lombricomposteur d’appartement.
Comprendre le compost avant de commencer
Le compost est le résultat de la décomposition de matières organiques : épluchures, feuilles, marc de café, petites tailles végétales, fleurs fanées. Sous l’action des bactéries, des champignons, des vers de terre et d’autres petits animaux du sol, ces déchets deviennent une matière sombre, friable, proche d’un terreau riche. On l’utilise ensuite comme amendement organique pour améliorer la fertilité du sol, nourrir les plantes, les fleurs ou le potager.
Guide pratique pour réussir son compostage au quotidien — Découvrez les conseils experts de l’ADEME pour transformer facilement vos déchets organiques en un compost de qualité.
L’intérêt est double. D’un côté, vous réduisez le volume de votre poubelle et valorisez des biodéchets qui seraient autrement jetés. De l’autre, vous produisez localement un fertilisant 100 % naturel, selon Gamm Vert, qui peut limiter l’achat d’engrais et de terreau, tout en contribuant à une meilleure rétention de l’eau dans le sol.
Selon STIGA, qui cite des études de l’ADEME, chaque ménage français produit 580 kilos de déchets par an, avec une baisse de seulement -3 % sur 10 ans. Un tiers de ces déchets sont des biodéchets. Le compostage domestique répond donc à un enjeu très concret : transformer une part importante de nos déchets quotidiens en ressource utile.
Choisir la bonne solution selon son espace
Il n’est pas obligatoire d’acheter un composteur pour commencer. Le bon choix dépend surtout de votre logement, de la quantité de déchets produits et du niveau d’entretien que vous êtes prêt à accepter.
| Solution | Pour qui ? | Entretien | Point fort |
|---|---|---|---|
| Tas au jardin | Jardin avec un coin disponible | Brassage et surveillance de l’humidité | Simple, gratuit, grande capacité |
| Composteur de jardin | Jardin petit ou moyen | Ajouts réguliers, aération | Plus propre visuellement, mieux contenu |
| Composteur d’appartement | Balcon, cuisine, espace réduit | Gestion plus attentive des apports | Permet de composter sans jardin |
| Lombricompostage | Appartement ou foyer urbain | Peu de retournement, suivi des vers | Décomposition accélérée par les vers |
Où installer son compost au jardin ?
Dans un jardin, choisissez une zone accessible, posée directement sur la terre si possible, et de préférence à l’ombre selon le MNHN. L’ombre limite les excès de dessèchement en été. Prévoyez aussi un stock de matières sèches à côté, comme des feuilles mortes, des cartons non imprimés, des brindilles, du foin ou du bois broyé. Ce stock permet de corriger vite un compost trop humide.
Et en appartement ?
En appartement, le lombricompostage est l’option la plus simple pour réduire ses déchets sans jardin. Selon Ceercle, cette méthode est environ 4 fois plus rapide grâce aux vers de compost, et elle ne nécessite ni humidification ni retournement dans son fonctionnement. Certains composteurs d’appartement sont annoncés pour gérer les déchets d’un foyer de 4 personnes. L’essentiel est de respecter les apports : de petites quantités, bien découpées, sans viande, poisson ni produits laitiers.
Que mettre dans le compost, et quoi éviter
Un compost réussi repose sur la diversité. Il faut combiner des déchets humides, riches en azote, avec des matières sèches, riches en carbone. Les premiers nourrissent la décomposition ; les secondes structurent le mélange, absorbent l’humidité et laissent circuler l’air.
| À composter facilement | À utiliser avec modération ou préparation | À éviter |
|---|---|---|
| Épluchures de fruits et légumes, marc de café, thé, filtres à café, coquilles d’œufs écrasées | Pain en petites quantités, restes végétaux coupés, tontes de pelouse en fine couche | Viande, poissons, crustacés, produits laitiers |
| Feuilles mortes, fleurs fanées, herbe fauchée, fines branches, brindilles | Branches et déchets ligneux broyés, tailles d’arbustes, cartons non imprimés découpés | Végétaux malades ou traités, plantes en graines |
| Mouchoirs en papier, foin, sciure de bois non traitée, bois sec broyé | Agrumes et ail en petites quantités si votre compost est bien équilibré | Déchets alimentaires devant être traités par des professionnels selon STIGA pour éviter tout risque sanitaire |
Les matières trop dures ou volumineuses doivent être coupées ou broyées. Une branche entière se décompose lentement ; en petits fragments, elle devient plus accessible aux micro-organismes. C’est aussi valable pour les tiges épaisses et les feuilles coriaces : plus les morceaux sont petits, plus le travail biologique démarre facilement.
Les gestes simples pour réussir son compost
Le compostage n’exige pas une précision scientifique, mais il demande de la régularité. L’erreur la plus fréquente consiste à empiler uniquement des épluchures humides : le tas se tasse, manque d’air et peut dégager de mauvaises odeurs. À l’inverse, trop de feuilles sèches sans matière fraîche ralentissent la décomposition.
Alterner humide et sec
À chaque apport de déchets de cuisine, ajoutez une poignée ou une couche de matière sèche : feuilles mortes, carton non imprimé déchiré, brindilles, sciure de bois non traitée. Le MNHN mentionne une proportion possible de 2/3 de matières humides pour 1/3 de matières sèches. Ceercle recommande de son côté un mélange 50/50 entre déchets verts et déchets bruns. En pratique, retenez surtout ceci : si le compost sent mauvais ou colle, ajoutez du sec ; s’il reste figé ou trop sec, ajoutez des déchets humides et mélangez.
Aérer sans tout bouleverser
L’aération permet à l’air de pénétrer dans toutes les couches. Le MNHN recommande de retourner le compost une fois par mois avec une fourche. Ce geste remet de l’oxygène dans le tas, relance l’activité des bactéries et évite les zones compactées. Il n’est pas nécessaire de tout remuer chaque semaine : un brassage mensuel, complété par quelques coups de fourche lors des gros apports, suffit pour un compost domestique bien alimenté.
Quand le tas devient compact, ajoutez des matières brunes et retournez-le. S’il paraît trop sec, incorporez des déchets humides par petites quantités. L’idée n’est pas de tout recommencer, mais de corriger l’équilibre au bon moment, sans laisser les couches se bloquer.
Surveiller l’humidité
Un bon compost ressemble à une éponge essorée : humide, mais pas détrempé. S’il est trop mouillé, ouvrez-le, mélangez et ajoutez des matières brunes. S’il est trop sec, incorporez des déchets frais ou humidifiez légèrement, sans noyer le tas. Cette surveillance est particulièrement importante dans un composteur fermé, où l’humidité s’évacue moins naturellement qu’en tas ouvert.
Étapes pratiques pour faire du compost chez soi
- Installez votre zone de compostage : tas à l’ombre, composteur de jardin ou solution d’appartement selon votre espace.
- Préparez un stock de matières sèches : feuilles mortes, cartons non imprimés, brindilles, foin, bois broyé.
- Ajoutez les déchets de cuisine : épluchures, marc de café, thé, coquilles d’œufs écrasées, filtres à café.
- Complétez avec des déchets de jardin : fleurs fanées, herbe coupée en fine couche, petites tailles, feuilles.
- Coupez ou broyez les éléments durs pour faciliter la décomposition.
- Alternez les couches en visant un bon équilibre entre matières humides et matières sèches.
- Aérez régulièrement, idéalement une fois par mois avec une fourche pour un compost de jardin.
- Laissez les organismes travailler et corrigez seulement si le compost devient trop humide, trop sec ou trop compact.
Le tri à la source des biodéchets s’inscrit désormais dans les pratiques encouragées par les collectivités. Mais au-delà de l’aspect réglementaire, faire du compost reste surtout un geste quotidien très concret : moins de déchets dans la poubelle, moins de trajets pour évacuer les végétaux, et une matière utile qui retourne au sol.
Les erreurs qui ralentissent ou abîment le compost
La première erreur est de confondre composteur et poubelle organique. Tous les déchets alimentaires ne conviennent pas au compost domestique. Viande, poisson, crustacés et produits laitiers peuvent créer des odeurs, attirer des animaux ou poser des problèmes sanitaires. STIGA rappelle que certains déchets alimentaires doivent être traités par des professionnels, notamment par compostage professionnel ou méthanisation, pour éviter tout risque sanitaire.
La deuxième erreur est le manque de matière sèche. Les épluchures, le thé, le marc de café et l’herbe fraîche sont utiles, mais ils doivent être équilibrés par du carbone : feuilles mortes, carton, bois sec, sciure non traitée. Sans cela, le compost se tasse et manque d’oxygène.
La troisième erreur est d’oublier l’aération. Un compost vivant a besoin d’air. Retourner une fois par mois, comme le recommande le MNHN, suffit souvent à maintenir une bonne activité. Écartez aussi les végétaux malades, traités ou montés en graines : le compost domestique ne neutralise pas toujours ces risques.
En résumé, réussir son compost tient à quelques réflexes : varier les apports, couper ce qui est gros, équilibrer humide et sec, aérer régulièrement et exclure les déchets sensibles. Avec cette routine simple, vos biodéchets deviennent peu à peu une ressource fertile pour le jardin, le potager ou les plantes en pot.
- Compost : 2/3 humides, 1/3 secs et les déchets à éviter - 21 juillet 2026
- Permaculture au potager : observer d’abord, associer les plantes, pailler le sol - 21 juillet 2026
- 6 heures de soleil, familles et rotations sans casse-tête pour organiser son potager - 21 juillet 2026



